29 janvier 2006

If

If…

Sans doute avez-vous déjà entendu ce poème de Rudyard Kipling (1856-1936), en français ou en version originale, en anglais…

Rudyard Kipling l’avait écrit en 1910 à l’intention de son fils John, qui avait à l’époque une douzaine d’année…

Fortement marqué par ce poème, et désireux d’être à la hauteur, John Kipling, pourtant totalement myope, et donc interdit de conscription, s’engagea pour la grande guerre (1914-1918). « Tu seras un homme mon fils… »

John Kipling est décédé dans les tranchées, et son corps disparut. Son père se sentit responsable. Il mourut en 1936 après avoir passé toutes les années depuis la mort de son fils à chercher le corps…

Sur sa tombe sans corps, est noté la formule « Known unto God ».. formule mis par les anglais sur les tombes d’inconnus… et crée par Rudyard Kipling…

Alors si le cœur vous dit toujours de relire le poème, sachant tout cela…

Si... 

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un seul mot;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser le rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent;
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils.

Rudyard Kipling

Posté par sag S à 01:22 - Commentaires [8] - Permalien [#]


Commentaires sur If

    J'ai toujours beaucoup aimé ce poème.
    *
    C'est très beau ici ma belle. Ça donne envie...

    Posté par Lumières, 30 janvier 2006 à 16:37 | | Répondre
  • Je le connais depuis "toujours" , et j'oscille depuis "toujours" entre le trouver incroyablement trop exigeant ou incroyablement beau et exemplaire. En tous les cas , ne m'a jamais laissé indiférente...
    Bien ce nouveau chez toi ...M'en vais tester l'autre

    Posté par avanaé, 31 janvier 2006 à 22:50 | | Répondre
  • je ne sais pas commenter sur l'autre blog...alors je viens par ici...
    bisous miss

    Posté par lacigale, 03 février 2006 à 08:35 | | Répondre
  • Tu nous manques

    Tu n'écris pas plus ici qu'ailleurs, tes notes doucement ironiques me manquent, tes petits n'élèves aussi et Monsieur Ours...

    Posté par heure_bleue, 03 février 2006 à 09:09 | | Répondre
  • tu es passée par ici, coucou..

    hello , Sagesse!
    pas de musique sur celui-ci?
    tu nous feras un bilan comparatif?

    Posté par cacochyme, 03 février 2006 à 14:18 | | Répondre
  • t'aurais pu mettre la version originale !! tout de même... c't'un comble (j'en ai fait une formidable version de ce poeme tu l'as déjà lue ?)

    Posté par heights, 03 février 2006 à 20:54 | | Répondre
  • je l'ai appris par coeur à l'école...mais savoir quelles en ont été les conséquences, brrr, pauvre jeune homme et pauvre père...

    Posté par lea, 03 février 2006 à 22:25 | | Répondre
  • Nous avions ça dans un cadre à la maison.
    Et l'on s'étonne que les enfants aient des problèmes.

    Posté par clodoweg, 04 février 2006 à 19:56 | | Répondre
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